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Introduction
Vous êtes-vous déjà reposé tout le week-end pour vous réveiller le lundi aussi épuisé que le vendredi matin ? Est-ce un premier signe de burnout ? Si reconnaître les signes précoces du burnout vous semble déroutant, vous n’êtes pas seul.
En tant que coach ayant moi-même vécu un burnout, j’ai, par la suite, eu l’occasion d’accompagner des personnes en situation d’épuisement ayant des profils très différents, pour les aider à reconnaître les signes précoces du burnout et en sortir. J’ai presque toujours observé ce même refrain : les personnes parlent de fatigue, de stress ou d’anxiété, convaincus qu’un bon week-end bien reposant suffira à tout arranger.
Mais il existe un seuil au-delà duquel le repos ne vous recharge plus aussi bien qu’il le devrait, c’est le signe que, au-delà d’une fatigue « normale », il se passe quelque chose de plus profond.
C’est là qu’intervient le MABI (Mputu Advanced Burnout Indicator). Il s’agit d’un cadre pratique que j’ai développé pour aider à identifier ces signes précoces du burnout avant que celui-ci ne s’installe vraiment. Dans cet article, je vais vous guider au travers des quatre stades pour que vous puissiez faire le point et reconnaître où vous en êtes.
Le défi initial : les tests traditionnels n’intègrent pas les signes précoces du burnout
Commençons par définir ce qu’est le burnout : un état de stress chronique qui conduit à un épuisement physique, émotionnel et mental. Définition complète ici
Les outils d’évaluation traditionnels comme le Maslach Burnout Inventory (MBI) sont précieux pour diagnostiquer un burnout avéré, mais ils le détectent généralement tardivement, quand celui-ci est déjà bien installé.
Le piège ? La plupart des personnes ne réalisent pas qu’ils présentent des signes précoces du burnout avant que ceux-ci ne deviennent sévères.
Ce que les outils actuels ne couvrent pas, c’est la « zone grise », cet état intermédiaire où vous n’allez pas vraiment bien, sans pour autant être complètement effondré. Vous fonctionnez, vous allez travailler, vous gérez vos responsabilités, mais vous souffrez en silence, à l’intérieur. La plupart des personnes ne mesurent pas le danger de ces premiers signaux tant qu’ils n’ont pas basculé complètement dans le burnout. Pourquoi ? Parce que ces premiers signaux sont habituellement rattachés à un concept flou, ce qu’on appelle en langage courant : la « grosse fatigue », le stade -1. La distinction ne se fait pas entre la grosse fatigue et des symptômes qui ne relèvent plus de la grosse fatigue, mais déjà d’autre chose, et que nous allons explorer.
D’où vient le concept de zone grise ? Il ne m’est pas venu d’un coup mais, suite à mon propre burnout, il s’est révélé tout au long de mon parcours de rétablissement. Durant cette longue période, j’ai rencontré plusieurs spécialistes mais c’est surtout le contact avec d’autres personnes épuisées, en burnout ou pas, qui m’a ouvert cette piste de recherche.
L’une des expériences les plus instructives et révélatrices pour moi, a été de passer 5 semaines en clinique dans le cadre d’une « cure stationnaire ». Pendant cette période, je me suis retrouvé au milieu de personnes en burnout sévère. Et moi, j’étais comme une éponge, j’avais soif d’apprendre des autres, d’entendre chaque personne mettre des mots sur son ressenti, sa détresse, et parfois, son désespoir. Ces 5 semaines ont été pour moi d’une richesse inestimable sur le plan humain et m’ont apporté des réponses et des pistes de recherches que je n’aurais jamais pu trouver ailleurs et auxquelles je n’aurais jamais pensé. Et tout cela, je le dois aux autres patients qui ont partagé cette expérience avec moi.
Ces 5 semaines m’ont permis d’identifier quelque-chose que nous avions tous en commun à cause du burnout. Je suis sorti de cette expérience avec des points de repère auxquels je suis devenu particulièrement attentifs, des symptômes que nous partagions tous.
Par la suite, j’entendais parfois des gens dire qu’ils faisaient ou avaient fait un burnout, mais quand je leur posais des questions pour identifier ces « précieux symptômes », ils n’étaient pas toujours là. Je me disais que peut-être la personne n’était pas vraiment en burnout, ça ressemblait plutôt à une « grosse fatigue ». Parfois c’était l’inverse, j’entendais des gens se plaindre d’une « grosse fatigue » qui allait passer avec le prochain long week-end par exemple, mais quand je leur posais des questions pour identifier ces « précieux symptômes », ils les avaient clairement. Seulement, ils continuaient à pousser, à répondre aux attentes de tout le monde.
Mon objectif n’a jamais été de poser un diagnostic sur les autres. Ce qui m’a motivé au départ était plutôt quelque-chose d’égoïste, j’avais soif de comprendre ce qui m’était arrivé. C’est en cherchant à comprendre où se situait la frontière entre « grosse fatigue » et burnout réel, que j’ai réalisé la chose suivante : il n’y a pas de frontière simple. On ne passe pas d’un état de grosse fatigue à un état de burnout directement. Il existe une zone intermédiaire avec ses propres caractéristiques distinctes, une zone où vous n’êtes pas seulement fatigué, mais pas encore en burnout. C’est la zone grise.
Qu’est ce qui caractérise la « zone grise » ? Une personne dans la zone grise présente des symptômes qui sont spécifiques à cette zone grise, et qui révèlent que la personne est un stade plus loin que la « grosse fatigue »
La plupart des outils de mesure du burnout cherche la frontière avec le burnout lui-même, ils cherchent à définir une linite « précise » alors que le MABI s’intéresse à tout le spectre.
Voici ce qui rend le MABI différent : il vous montre le tableau complet, en commençant par un stade qui précède même l’apparition des symptômes de burnout.
Le MABI cartographie quatre stades :
• Grosse Fatigue (Stade -1)
• Pré-Burnout ou la zone grise (Stade 1)
• Burnout (Stade 2)
• Crise Aiguë (Stade 3)
L’inclusion du Stade -1 (Grosse fatigue) dans le MABI est cruciale sur un plan pédagogique : D’abord parce que la grosse fatigue est un point de départ que tout le monde connait par expérience personnelle. Toute personne peut donc partir avec ce point-là comme référence pour la suite. La seconde raison d’inclure le stade -1 (grosse fatigue) est qu’il permet de voir que les symptômes de la grosse fatigue et ceux du burnout ne sont pas les mêmes. Qui dit « autres symptômes » dit « autre stade ».
Le MABI n’est pas un diagnostic médical, mais plutôt un outil pédagogique. C’est un cadre pratique construit à partir de mon propre parcours de rétablissement et de mon expérience d’accompagnement.
Dans cet article, je vais vous présenter chaque stade pour que vous puissiez reconnaître où vous en êtes. Pour les professionnels souhaitant mettre en œuvre le MABI avec leurs clients, un guide complet avec des protocoles détaillés est en préparation.
Les 4 stades du burnout
De la « grosse fatigue » à la crise
Le burnout ne frappe pas soudainement ; c’est une descente graduelle. Le MABI visualise cela comme une progression à travers quatre stades distincts, la zone grise se situant entre la « grosse fatigue » et le Burnout à proprement parler.
Comprendre cette progression est essentiel pour intervenir tôt.
La « grosse fatigue » se situe au Stade -1 parce qu’elle vient avant les premiers signes de burnout. Considérez-la comme le « Stade Zéro », votre dernière chance de sortie avant d’entrer en territoire burnout.
Si vous dépassez la limite de la grosse fatigue (Stade -1), vous entrez dans le Stade 1 dans lequel de nouveaux symptômes apparaissent. Ce stade 1 est aussi appelé pré-burnout. (C’est la zone grise)
Laissez-moi décomposer ce à quoi ressemble chaque stade, avec des exemples.
Stade -1 : Grosse Fatigue – L’alerte récupérable
C’est la situation la plus courante et la plus connue de tous.
Capacité de récupération : Le repos fonctionne encore, le sommeil répare, il faut juste plus d’intentionnalité et de temps. A ce stade, une personne peut avoir besoin de quelques jours ou plus pour récupérer complètement.
Ce qui se passe : La fatigue s’est accumulée, mais votre corps et votre esprit répondent encore au repos. La récupération reste efficace, et vous devez parfois vous imposer du repos, de manière « stratégique », mais vous pouvez encore rebondir complètement. Tout cela se traduit généralement par une phrase du style : « Ce week-end, je ne fais rien, j’ai décidé de me reposer »
Symptômes clés :
• Faible énergie qui s’améliore avec un repos adéquat
• Pensée ou mouvements physiques ralentis
• Somnolence diurne ou besoin de plus de sommeil
• Irritabilité ou impatience légère
• Perte d’intérêt pour les activités non essentielles
• Moments occasionnels de perte de concentration
A ce stade, aucun des symptômes spécifiques au burnout n’est présent, mais uniquement les symptômes de la fatigue.
Ce que ça fait : Les tâches semblent plus lourdes et votre corps traîne. Les choses simples demandent plus d’effort qu’avant. Mais après un bon week-end ou quelques jours de repos intentionnel, vous pouvez vous sentir pleinement revigoré.
Exemple : Une personne qui prend la décision de débrancher complètement son téléphone durant un long week-end, de bien dormir et de s’adonner à l’un de ses plaisirs favoris, les longues balades en forêt.
Ce premier exemple peut être un test intéressant pour beaucoup d’entre nous, car en principe, le repos doit être réparateur. Si vous arrivez à recharger complètement vos batteries en quelques jours de repos efficace et avec des activités revigorantes, alors c’est une bonne nouvelle, ce n’était qu’une « grosse fatigue ».
Par contre, si vous faites tout cela et que vos batteries ne se rechargent qu’à moitié, voire moins, cela ne veut pas forcément dire que c’est dû au burnout mais c’est un signe qu’il faut creuser, chercher un peu plus loin.
Stade 1 : Pré-Burnout (La zone grise) – Là où le burnout commence
En plus des symptômes spécifiques à la fatigue, on observe souvent les mêmes signes…
Capacité de récupération : Le repos est moins efficace. Votre système ne se recharge plus à son maximum mais reste plafonné, par exemple autour de 50% à 70% au mieux, et ce, quoi que vous fassiez.
Ce qui se passe : C’est là que commence la zone grise, et où les symptômes de burnout apparaissent (pré-burnout). Le repos ne vous restaure plus complètement. Vous pouvez prendre des vacances, dormir des heures supplémentaires ou faire des activités que vous aimiez autrefois, mais vous n’arrivez plus à 100% de récupération. Il y a un plafond invisible à votre récupération. La tension émotionnelle persiste, et vos mécanismes naturels de récupération (sommeil, loisirs, connexion sociale) commencent à vous faire défaut.
Symptômes clés :
• Anxiété régulière sans déclencheurs clairs
• Pics de rumination ou d’inquiétude
• Sommeil non réparateur quelle que soit la durée
• Irritabilité pour des petites choses
• Perte d’intérêt ou de plaisir dans les activités (anhédonie)
• Problèmes de concentration et de mémoire
• Baisse partielle de la motivation
• Sentiment d’être en « mode survie »
Ce que ça fait : Même après le repos, votre batterie reste faible. Les activités qui vous apportaient de la joie demandent maintenant des efforts et procurent peu de satisfaction. Vous continuez, vous allez au travail, vous remplissez vos responsabilités, mais à l’intérieur, vous tournez à vide. La phrase « Je vais bien » devient votre réponse par défaut, mais vous n’allez pas bien. Vous vous dites que ça va passer, ça ira mieux après ma promotion, après mon déménagement, après mes vacances, etc…
Exemple : Une professionnelle expatriée m’a confié qu’elle craignait de plus en plus les « lundis matin ». Elle avait mis de côté ses loisirs préférés, et l’idée de s’y remettre lui semblait fade, elle était beaucoup trop débordée par des choses importantes. Elle continuait, mais l’étincelle avait disparu. Le repos lui donnait juste assez d’énergie pour passer la semaine, mais elle ne se sentait jamais vraiment rechargée. Elle était piégée avec une batterie qui se rechargeait au mieux à 50% de capacité les bons jours.
Ce stade est particulier et même paradoxal car :
– D’un côté, les symptômes du « pré-burnout » sont souvent assimilés à de la fatigue mais en « plus pesante »
– D’un autre côté, ces symptômes ne sont pas différents des symptômes du burnout (Stade 2), ils sont juste moins intenses.
Prenons l’exemple de l’anxiété : en pré-burnout, l’anxiété est présente mais à un niveau supportable, autrement dit, elle n’est pas encore trop « handicapante ». Il en est de même pour la plupart des autres symptômes de burnout. Ils sont souvent déjà présents dans la zone grise mais ils sont supportables. Vous travaillez encore, vous poussez encore, vous arrivez même encore à performer, mais à quel prix ? C’est là que l’intervention compte le plus.
Les plus grands dangers à ce stade sont, comme presque toujours, en nous-même :
– Minimiser : ça va passer, c’est juste un coup de fatigue, j’en ai vu d’autres…
– Surcompenser : Je vais prendre un coach pour m’aider à être encore plus performant(e)
– En rajouter : Je vais suivre cette formation qui va me permettre d’en faire plus
– Prendre des décisions subites, « J’arrête le sucre », sans avoir identifié la source du mal-être.
– Isolement sur soi-même
– Se convaincre qu’il faut s’en sortir tout seul
Pourquoi est-ce que notre attitude dans la zone grise est capitale et représente le plus grand danger ? Pour deux raisons :
La première raison est qu’on peut s’accoutumer de la zone grise, c’est-à-dire qu’avec le temps, cet état devienne notre nouvelle norme, notre nouveau standard de vie jusqu’à ce que l’ancien standard s’efface complètement de notre mémoire. On peut oublier ce que ça fait d’aller bien.
La deuxième raison est que les symptômes dans la zone grise (qui sont déjà pénibles) peuvent s’intensifier au gré des soucis que vous allez rencontrer, qu’ils soient grands ou petits. Cela peut être un décès dans votre famille, d’un proche, un licenciement, un divorce ou une séparation, un accident de voiture, un projet qui tourne mal, ou tout autre déclencheur.
En définitif, c´est notre attitude qui va permettre ou pas d’identifier les vraies causes de notre souffrance et de mettre en place les bonnes stratégies, et demander de l’aide, souvent nécessaire, afin d’éviter de basculer dans le burnout « dur ».
En conclusion, une différence fondamentale entre la grosse fatigue et la zone grise est que, pour sortir de la grosse fatigue, il faut se reposer, tandis que pour sortir de la zone grise, il faudra fournir des efforts qui seront d’autant plus difficiles à fournir qu’il y a peu d’énergie disponible.
Stade 2 : Burnout – Effondrement complet
A ce stade, les symptômes présents dans la zone grise se sont intensifiés au point de gripper toute la machine.
Capacité de récupération : Le repos échoue complètement. Au mieux, vous atteignez « symboliquement 10% à 12%» de batterie au réveil. On peut comparer cette situation à un téléphone qui peut tenir la journée sans s’éteindre uniquement si on ne l’utilise pas et qu’on le met en mode avion. Vous êtes techniquement allumé, mais le moindre effort vous éteint rapidement.
Ce qui se passe : Un effondrement de la capacité à répondre aux attentes des autres. Le stress chronique a submergé votre système et aucun repos ne le fait redescendre. La motivation s’effondre. Votre cerveau vous piège essentiellement en mode épuisement. Aucun repos ou vacances n’apportent de soulagement. Vous tournez à vide, et il n’y a plus rien où puiser.
Symptômes clés :
• Épuisement sévère et insoutenable
• Anxiété accrue ou panique
• Déclin cognitif marqué (concentration, mémoire, prise de décision)
• Désintérêt total pour les relations ou les loisirs
• Retrait social et isolement
• Engourdissement ou vide émotionnel
• Perte de sens ou de but
• Sentiment de détachement de soi-même
• Le mode « survie » est complètement activé
Ce que ça fait : Chaque matin, vous vous sentez incapable d’affronter la journée qui vous attend. Vous vous sentez vide, incapable de vous connecter ou de trouver du sens. Vos motivations ont presque complètement disparu. Les tâches simples sont devenues insurmontables. Se lever du lit est comme déplacer une montagne. Le stress, l’anxiété, à des niveaux élevés, vous poussent à continuer, en mode survie, mais votre corps a abandonné.
Le fonctionnement quotidien s’effondre, et vous ne pouvez plus tenir.
Certaines personnes peuvent être dans ce stade (positif au test de Maslach), et néanmoins continuer à fonctionner, aller au travail, faire leurs courses, etc, mais elles n’ont souvent presque plus aucune productivité, elles ne sont plus efficaces dans rien. Des tâches simples qui prenaient 2 minutes (répondre à un email), peuvent prendre jusqu’à plusieurs heures. Leur souffrance est intense et constante. A ce stade, un tout petit déclencheur peut provoquer l’effondrement comme une remarque négative, un email inattendu, une demande pour faire quelque-chose de plus, un besoin non satisfait, etc…
Stade 3 : Crise
L’état de crise est connu et documenté dans les formations de « premiers secours en santé mentale ». Il s’agit d’un état d’urgence dans lequel la personne est en danger immédiat. La « crise » n’est pas spécifique au burnout, mais la fatigue en général ainsi que les autres symptômes de burnout sont des facteurs qui favorisent l’apparition des crises.
Il est important de comprendre qu’une crise peut se produire à n’importe quel stade et pas nécessairement après le stade 2 (Burnout). Car les crises dépendent des antécédents de la personne, de son équilibre, de ses prédispositions. Par exemple, une personne souffrant d’un trouble anxieux, pourrait se trouver en crise dès qu’elle est un peu trop fatiguée ou à autre moment, sans lien spécifique avec le burnout. Il est toutefois important d’inclure ce stade de « crise » dans le cadre du MABI pour offrir une vision complète des différents stades.
Nature : C’est une catégorie à part, une rupture soudaine et sévère où vos systèmes adaptatifs échouent complètement.
Ce qui se passe : Perte totale de contrôle sur les émotions et le corps. C’est une urgence médicale nécessitant une intervention professionnelle immédiate.
Symptômes clé :
Les crises peuvent être de nature diverse en fonction des antécédents et autres facteurs liés à la personne.
• Crises de panique ou anxiété incontrôlable
• Dissociation ou sentiment de déconnexion de la réalité
• Effondrement physique (évanouissement, tremblements sévères, autre…)
• Pleurs incontrôlables ou explosion émotionnelle
• Choc traumatique (perte de l’accès au langage et à la réflexion)
• Confusion ou incapacité à penser clairement
• Pensées suicidaires ou idées d’automutilation
Ce que ça fait : Désorientation totale. Vous êtes soit figé, soit complètement submergé, incapable de fonctionner ou de donner un sens à quoi que ce soit. Le monde semble irréel, et vous avez perdu prise sur la réalité.
Ce stade se manifeste quand quelqu’un heurte un mur absolu et se retrouve en danger immédiat. Si vous ou quelqu’un que vous connaissez présente ces symptômes, cherchez une aide professionnelle immédiatement et ne cherchez pas à gérer seul.
Tel urgences : 112
https://santesecu.public.lu/fr/urgences-gardes/services-garde/hopitaux-gardes.html
Symptômes clés du burnout : anxiété et anhédonie
Le burnout se manifeste par de nombreux symptômes, en voici quelques-uns : épuisement physique, mental et émotionnel, déclin cognitif, retrait social, problèmes de sommeil, etc…
Mais deux symptômes sont particulièrement révélateurs pour la détection précoce et aident de nombreuses personnes à réaliser à quel stade d’épuisement elles se trouvent, que ce soit la grosse fatigue (-1), le pré-burnout (1) ou le burnout (2).
Anxiété :
Lorsque l’on combine l’épuisement physique et le stress, tous deux sur une durée suffisamment longue, notre système finit par atteindre une limite au-delà de laquelle il ne peut plus faire face, il passe en mode « survie ». Ce mode de fonctionnement est paradoxal car d’un côté, le corps a peu d’énergie disponible, et de l’autre côté, un état d’hypervigilance mentale très énergivore se verrouille.
L’anxiété n’est pas une inquiétude à propos d’une chose précise, c’est une tension constante qui vous suit partout, même dans les moments qui devraient être calmes. Les week-ends ne la réduisent pas. Vous arrivez le lundi matin aussi anxieux que vous l’étiez vendredi soir.
En pré-burnout (la zone grise), le repos peut encore avoir un léger effet sur l’anxiété, il peut la réduire un peu. Un bon week-end peut par exemple diminuer légèrement l’anxiété mais lorsque le dimanche soir arrive, l’idée même du lundi matin la fait remonter en flèche.
Tandis que dans le burnout, stade 2, le repos n’a plus aucun impact sur l’anxiété, il ne l’apaise plus. Elle est devenue écrasante.
Anhédonie (Perte de plaisir) :
L’anhédonie peut être comprise comme une incapacité à ressentir du plaisir dans des activités qui vous ont toujours fait plaisir. En d’autres mots, vous perdez la capacité de ressentir de la joie ou de la satisfaction dans les choses qui vous animaient autrefois.
Les loisirs ressemblent à des obligations. Le temps avec vos proches, demande des efforts.
Lors de mon arrêt maladie il y a quelques années, la psychologue m’a posé une question qui aurait dû être simple. Qu’est-ce que vous pourriez faire, qui vous ferait plaisir ?
Je n’ai pas pu répondre tout de suite. Depuis plusieurs semaines, j’étais dans un tel état d’épuisement, et d’anxiété, que cette question m’a semblé être une blague. Après un long silence, j’ai répondu avec conviction : « Rien »
C’est ça l’anhédonie. Ça commence par un désintérêt, léger, puis ça grandit, jusqu’à assombrir tout le tableau.
L’anhédonie est davantage connue comme un symptôme majeur dans la dépression. Mais elle est aussi présente dans le burnout mais avec une différence.
Il faut imaginer le burnout comme une combinaison de deux problèmes :
– D’un côté, un épuisement extrême aussi bien sur le plan physique que mental devrait provoquer un effondrement complet
– D’un autre côté, un niveau de stress et d’anxiété (liés au cortisol) tellement hauts qu’ils verrouillent le système en mode « survie ». Au lieu de s’effondrer complètement comme dans la dépression, une grande partie du système s’effondre mais pas tout, une petite partie persiste en mode survie, prisonnier d’une anxiété qui ne redescend pas. (Le cerveau ne ralentit pas, les idées à l’origine de l’anxiété continuent à tourner en boucle.
L’anxiété et l’anhédonie ne sont pas les seuls symptômes qui comptent, mais ils sont particulièrement utiles comme exemples pédagogiques, afin de mieux comprendre ce qui se met en place dans les différentes phases.
Il est aussi important de rappeler que chaque burnout est unique et les schémas utilisés dans cet article ne doivent pas servir à réduire l’expérience de chacun, mais plutôt être utilisés comme des pistes pour mieux comprendre les mécanismes de fond.
Auto-évaluation du burnout : identifiez votre stade
Voici un auto-examen pratique basé sur le cadre « M.A.B.I. » Ce n’est pas un diagnostic médical, juste un point de départ pour vous aider à réfléchir sur là où vous pourriez être.
Répondez oui ou non honnêtement, en pensant aux dernières semaines, pas aux incidents isolés.
Indicateurs de Grosse Fatigue (Stade -1) :
1. Avez-vous besoin de plus d’efforts et de temps pour récupérer qu’auparavant ?
2. Vous faut-il plusieurs jours de repos complet pour vous sentir pleinement rechargé ?
3. Évitez-vous certains loisirs ou activités sociales par manque d’énergie ?
4. Ressentez-vous parfois une perte de concentration ou de la somnolence ?
Indicateurs de Pré-Burnout (Stade 1) :
5. Ressentez-vous que les week-ends ne vous rechargent pas complètement ? Peut-être entre 50% et 70% de recharge au maximum ?
6. L’anxiété est-elle présente de temps en temps durant votre journée, même sans déclencheurs clairs ?
7. Avez-vous perdu, en partie, le plaisir de certaines activités qui vous faisaient plaisir, ou une partie de votre joie de vivre ?
8. Vous sentez-vous fatigué le matin au réveil ? (fatigue physique/mentale)
9. Êtes-vous irritable pour des petites choses plus souvent qu’à l’habitude ?
10. Vous surprenez-vous à ruminer ou vous inquiéter régulièrement, ayant des difficultés à décrocher ?
11. Avez-vous plus de difficulté à vous concentrer ou retenir des informations qu’avant ?
Indicateurs de Burnout (Stade 2) :
12. Vous sentez-vous épuisé dès le réveil, incapable d’affronter la journée qui vous attend ?
13. L’anxiété est-elle présente constamment et avec intensité ?
14. Avez-vous perdu tout plaisir dans les activités qui vous faisaient plaisir ? Vous êtes-vous retiré de la plupart des activités sociales ou de loisirs ?
15. Prononcez-vous plus souvent que d’habitude des paroles du style : « je n’en peux plus », « ça ne peut plus continuer », « je dois sortir de là », ou ironiquement « ils vont me tuer si ça continue… »
Crise (Stade 3) : Le stade « Crise » est le seul qui ne laisse absolument aucun doute concernant l’urgence car la crise ne permet plus le déni. Donc, dans ce cas, la crise elle-même est l’indicateur.
Guide de notation :
2+ Oui dans la section Grosse Fatigue uniquement : Vous pourriez probablement être au Stade -1. Bonne nouvelle – c’est totalement réversible. Mettez en place un repos structuré, des limites plus fortes, et surveillez vos symptômes. Attrapez-le maintenant avant qu’il ne progresse.
3+ Oui dans la section Pré-Burnout : Vous pourriez probablement être dans la zone grise (Stade 1). C’est là que le burnout commence, et où l’intervention compte le plus. Priorisez dès maintenant les stratégies de récupération. Envisagez de contacter un coach ou un thérapeute pour du soutien.
3+ Oui dans la section Burnout : Vous pourriez probablement être au Stade 2. Cela nécessite une action significative et un soutien professionnel – à la fois du coaching et des soins médicaux. La récupération est possible mais prendra du temps et des efforts dédiés.
Vous voulez une analyse plus détaillée ? L’évaluation MABI complète n’est disponible qu’en consultation physique pour le moment. (Prenez rendez-vous ici)
Conclusion
Repérez les signes précoces du burnout avant qu’il ne soit trop tard
Le burnout s’installe progressivement, mais le cadre proposé par le MABI vous aide à détecter ces signes précoces, reconnaître quand le repos cesse de fonctionner pleinement, quand l’anxiété devient constante, quand la joie s’estompe.
En tant que personne qui a parcouru ce chemin et accompagné d’autres à travers celui-ci, je sais que reconnaître la zone grise change tout.
L’idée qui fait la différence ? Savoir distinguer la « grosse fatigue » (Stade -1) du pré-burnout (ou zone grise). Cette distinction est votre première alerte, à un stade ou la récupération est encore accessible facilement, avant que le burnout ne commence réellement.
La plupart des outils ne couvrent pas ces premiers signes. Une fois dans le stade 1, de Pré-Burnout, vous êtes dans la zone grise où le burnout a commencé, mais les symptômes restent supportables et permettent de continuer à fonctionner.
Si rien n’est mis en place, vous risquez de passer au Stade 2, et la récupération devient beaucoup plus difficile et plus longue.
Souvenez-vous que le signes de burnout n’ont rien à voir avec des signes de faiblesse. Vous arrivez simplement à un niveau d’épuisement ou votre corps vous envoie des signaux de plus en plus forts jusqu’à ce que vous ne puissiez plus les ignorer. Plus tôt vous reconnaissez où vous en êtes, plus votre récupération sera rapide et facile.
Vous vous sentez épuisé depuis longtemps ? N’attendez plus !
Links
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Liens externes :
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